Les Y, tous des entrepreneurs?

Les Y, tous des entrepreneurs?
Entrepreneure moi-même, je souhaitais réagir à cet article paru dans le Soleil cette semaine (Les entrepreneurs Y, drôles de moineaux), parce qu'il me parait très représentatif et très pertinent.

L'auteur y décrit les entrepreneurs Y (de 21 à 37 ans), comme des jeunes scolarisés, qui n'ont rien à perdre mais tout à gagner, qui croient en leurs rêves et qui sont prêts à travailler pour les voir se réaliser. Des jeunes adultes qui possèdent des compétences multidisciplinaires, qui travaillent en équipe, qui investissent énormément d'efforts pour atteindre leurs objectifs mais qui n'acceptent cependant pas d'hypothéquer leur santé et leur équilibre d'esprit pour leur projet. C'est une description rapide - je vous encourage à lire l'article complet plus bas pour un portrait plus exhaustif -, mais qui dresse un tableau assez véridique de la situation.

Lecteur en série est l'exemple parfait d'une compagnie en démarrage impliquant les Y. En tant que directrice, je suis amenée à user de tous mes talents, dans toutes les disciplines, pour faire évoluer l'entreprise. Les nombreux intervenants qui prennent aussi part à la compagnie sont pour la plupart des jeunes adultes passionnés, brillants et cultivés, qui comprennent bien les choses dans leur ensemble et qui sont capables de faire des liens transversaux entre leur champ d'expertise et celui du voisin.

Et dans le cas présent, démarrer une compagnie s'est fait par choix plus que par nécessité. Je pourrais très bien me prendre un emploi dans mon domaine d'études (génie), avoir la permanence et le fonds de pension, et m'aligner droit pour les 30 prochaines années. Mais je ne le fais pas. Parce que j'ai l'espoir d'apporter quelque chose à la société avec l'entrepreneuriat. Parce qu'avec ma compagnie, j'apprends plus qu'à l'école ou dans l'emploi professionnel que j'occupais auparavant. Parce que mes journées sont incroyablement plus palpitantes et diversifiées que quand je travaillais dans un bureau. Et pour un paquet d'autres raisons, comme la valeur que j'accorde à la culture (littéraire, entre autres), comme l'envie de sortir des sentiers battus, comme la curiosité de découvrir tout ce que je ne sais pas encore.

Ça m'amène à réfléchir au modèle qu'on propose aux finissants d'aujourd'hui. Il existe des bons emplois pour les diplômés, oui. Mais il existe aussi, et c'est à ceux-là que je m'attaque, des emplois qui demandent d'être cons, de ne pas poser de questions, et d'attendre 5-6 ans pour commencer à faire quelque chose d'intéressant. Et avec ça, il y a des employeurs qui exigent un baccalauréat, mais qui vont te faire faire des tâches que tu aurais pu exécuter à la fin du secondaire. Et ça, c'est un problème. Les ressources de ma génération ne sont pas (toujours) utilisées à leur plein potentiel, peut-être parce qu'on n'a pas encore fait une place au nouveau spécimen de jeune adulte Lambda. La conjoncture a changé, depuis les dernières générations, mais le modèle socio-économique ne s'y est pas encore adapté.

Et je crois que cela peut expliquer cet engouement contemporain pour l'entrepreneuriat dont nous sommes témoins. Je pense qu'il se cache un entrepreneur dans beaucoup des individus de ma génération. Tous ceux-là ne souhaitent pas devoir porter les responsabilités que ça implique, non, mais tous ont assurément les outils, l'ouverture d'esprit, les capacités de communication, la vision de l'avenir, mais surtout, l'envie de donner, de bâtir, d'accomplir et d'achever quelque chose d'extraordinaire.

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Florence Morin

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